24 août 2016

Nature et tranquillité à l'île Verte



L'île Verte, ce petit bout de terre qui émerge du fleuve Saint-Laurent, est un véritable paradis maritime. Un lieu unique où le temps semble s'être arrêté pour toujours. Un endroit où la beauté naturelle et sauvage des paysages n'a d'égal que la quiétude des lieux. Parfaite pour décrocher et se ressourcer, l'île Verte est un pur bonheur en soi. Je pèse mes mots tant j'ai adoré cet endroit. Plus qu'une découverte, l'île Verte fut un coup de coeur instantané !


Ambiance bucolique et maritime

L'île Verte n'est qu'à deux kilomètres des côtes du Bas-Saint-Laurent au Québec. Et pourtant, on a l'impression d'être au bout du monde ! Relativement petite, l'île Verte n'a que 13 kilomètres de long sur tout au plus 2 kilomètres de large. Ici, pas de station d'essence, pas de guichet automatique et pas d'épicerie. Pas de police ni de médecin non plus. En revanche, il y a la tranquillité souhaitée et un cadre magnifique !

Le sud de l'île, orienté face au continent, est très bucolique. Le paysage se compose de belles petites maisons de campagne et de champs en friche où poussent les rosiers sauvages, les épilobes et quantité d'autres fleurs sauvages. Le panorama englobe également les battures, le chenal et la rive d'en face qui se trouve à seulement deux ou trois kilomètres de distance.

Le nord de l'île, orienté vers le large, est beaucoup plus sauvage et isolé et offre une ambiance tout à fait maritime. Le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent se trouve juste en face et la rive opposée se trouve à plus de 20 kilomètres à vol d'oiseau (les montagnes de Charlevoix et de la Côte-Nord sont visibles au loin). Peu d'habitations ont été construites de ce côté-ci. Dominée par le phare (j'en parle plus loin), la côte est rocheuse, boisée et entrecoupée de grandes anses sablonneuses.

Dans tout l'île, il n'y a que deux routes non goudronnées et la circulation est presque inexistante. Le chemin de l'Île traverse l'île dans toute sa longueur (du côté sud) en reliant les deux bouts de l'île surnommés bout d'en Haut et bout d'en Bas, tandis que le chemin du Phare, comme son nom l'indique, mène au phare situé au nord de l'île. Bien qu'on puisse amener sa voiture dans l'île, il est d'autant plus agréable d'y circuler à vélo... ou à pied !



Une poignée d'insulaires courageux

Le traversier met 30 minutes pour atteindre l'île Verte depuis la municipalité de l'Isle-Verte (à ne pas confondre). Toutefois, les traverses ne sont possibles qu'à marée haute et durant la belle saison seulement. L'hiver, lorsque les conditions le permettent, c'est le pont de glace qui permet alors aux motoneiges et aux piétons de traverser. Le reste du temps, il y a l'hélicoptère. Encore faut-il que les conditions météo soient favorables !

Un tel isolement a sans doute eu raison de nombreux insulaires avec le temps. Aujourd'hui, seulement une vingtaine de personnes habitent l'île à l'année longue. Donald Caron est l'un d'eux. Il est venu s'installer ici parce qu'il n'en pouvait plus de la vie sur le continent. Cet homme fort sympathique semble heureux derrière son bar du Café d'Alphé, un endroit chaleureux où prendre un bon expresso ou une bonne bière de la microbrasserie Aux Fous Brassant (située à Rivière-du-Loup). Il m'explique que les affaires marchent bien mais que ce n'est pas constant. « Par exemple, cet été, les clients se font rares, affirme-t-il, alors qu'il fait beau et que les gîtes sont tous complets. » L'hiver, il demeure ouvert pour les motoneigistes qui sont habituellement nombreux à venir sur l'île. Mais à cause du temps doux de l'hiver dernier, le pont de glace n'a duré que deux semaines. Sans pont de glace, il a dû se résoudre à fermer. Au cours de ces périodes mortes, « il n'est pas rare de ne croiser personne pendant plusieurs jours », ajoute-t-il.

Michelle Dionne vit aussi sur l'île Verte en permanence. Native de l'île, elle a choisi d'y rester plutôt que de quitter comme tant d'autres. D'ailleurs, elle semble profondément attachée à son île. Dans sa maison située au bout d'un long chemin, à proximité du chenal, elle a ouvert L'Échouerie, un restaurant gourmand ne comptant que quatre tables et accessible uniquement sur réservation. Il suffit de choisir son plat de résistance à l'avance (végétarien, viande, poisson ou fruits de mer) et d'amener son vin avec soi. Michelle s'occupe ensuite de surprendre ses invités avec les produits frais dont elle dispose et l'inspiration puisée dans ses voyages ! Ce soir-là, pour un prix très raisonnable, j'ai eu droit à un succulent repas de six services.



Les Maisons du Phare

Complété en 1809, le phare de l'île Verte fut le tout premier phare à être érigé sur le fleuve Saint-Laurent. Les gardiens s'y sont succédé jusqu'en 1972, année où le phare fut automatisé. Encore aujourd'hui, le système lumineux est en fonction tous les soirs.

La visite du phare est hautement suggérée. Mieux encore, on peut y dormir ! Enfin, pas dans le phare en tant que tel mais dans l'une des deux maisons construites plus tard sur le site. Au total, 9 chambres joliment décorées et réparties dans la maison du gardien et la maison de l'assistant gardien. C'est ici que j'ai dormi lors de mon séjour à l'île Verte. J'ai tout simplement adoré !

Je peux même affirmer sans trop me tromper qu'il s'agit du meilleur endroit pour dormir à l'île Verte. D'abord, parce qu'il y a Blandine pour accueillir gentiment les visiteurs au gîte. Mais surtout parce que la situation privilégiée au nord de l'île, face à l'immensité du fleuve Saint-Laurent, permet de vivre cette symbiose avec la nature et la mer plus que nulle part ailleurs dans l'île. À preuve, ces moments passés à humer l'air salin, à contempler le fleuve, à observer les marées, à écouter les soufflements des baleines et les rugissements des phoques, à marcher longuement sur la grève, à admirer les magnifiques couchers de soleil, à observer la voûte étoilée et à regarder les faisceaux lumineux du phare fendre l'obscurité. Que de beaux souvenirs !



Pour planifier votre séjour

- Réservez vos traverses auprès de la Société Inter-Rives de l'Île-Verte.
- Le traversier accepte les voitures mais vous pourrez aussi la laisser au stationnement.
- Pensez amener vos vélos ainsi que des provisions (nourriture, vin, bière, etc.).
- Vous pourrez utiliser les chariots réfrigérés qui sont ensuite montés à bord du traversier.
- Réservez votre hébergement à l'avance. L'île compte de nombreux gîtes et des maisons à louer.
- L'île compte une poissonnerie (produits préparés pour emporter), deux restaurants et un café.
- Prévoyez au minimum deux nuitées sur l'île pour en profiter pleinement.