29 septembre 2015

Ces fois où j'ai voyagé en stand-by et en classe affaires

Air France A380 à la porte d'embarquement

J'ai eu de la chance. Je dois l'avouer. Pendant presque vingt ans, j'ai bénéficié de billets d'avion à tarif réduit ou gratuit pour mes voyages personnels. Dans le meilleur des cas, je ne payais pas un seul sou ! En conséquence, j'étais souvent contraint de voyager en stand-by mais j'ai aussi eu le privilège de voyager en classe affaires à quelques reprises. Retour sur ces nombreuses fois où j'étais un passager pas comme les autres.

Vous vous demandez sans doute comment j'ai fait ? Travaillant pour un important consolidateur aérien canadien (j'explique ce que c'est dans cet article), ces billets nous étaient offerts par les compagnies aériennes en récompense pour notre travail et nos ventes. Les avantages du métier, quoi ! Pendant toutes ces années, j'ai donc pu obtenir des billets vers différentes destinations dans le monde. J'ai même pu faire quelques petites folies, comme aller passer un long weekend à Amsterdam (au départ de Montréal évidemment) !


Les aléas de voyager en stand-by

Là, vous devez vous dire que j'étais l'homme le plus chanceux sur terre. Vous n'avez pas tout à fait tort, sauf que... Les billets gratuits (ou à tarif réduit) comportaient toujours quelques restrictions. En plus des nombreux jours (quand ce n'est pas des mois entiers) où il était interdit de voyager, il fallait respecter un certain code vestimentaire. La tenue de ville était obligatoire. Surtout pas de jeans ni de t-shirt. Essayez un instant de m'imaginer à l'aéroport en pantalon chemise cravate trimballant mon sac à dos, et ce même au retour de destinations tropicales !

Par ailleurs, ces billets étaient bien souvent stand-by, c'est-à-dire soumis à l'espace disponible juste avant le décollage. En d'autres mots, je n'avais pas de réservation ferme et j'obtenais l'autorisation d'embarquer une fois que tous les passagers étaient à bord et seulement s'il restait une place de libre. Parfois, la seule place disponible était en classe affaires, alors on me la donnait. Et si par malchance le vol était plein, c'était tant pis pour moi ! Il me restait alors à rentrer chez moi et tenter ma chance de nouveau le lendemain dans le cas d'un vol transcontinental. Disons-le franchement, c'était plutôt stressant !


Itinéraire de vol avec la mention request (stand-by)

Un aperçu de mon itinéraire de vols jusqu'en Indonésie avec
la mention request (stand-by)


Je me souviens de cette fois où je devais partir pour l'Indonésie avec la compagnie KLM. Ce soir-là, le vol Montréal-Amsterdam était plein. Pas de chance ! Le lendemain, je me suis à nouveau présenté à l'aéroport en me croisant les doigts. Dix minutes avant le départ, l'agent au comptoir d'enregistrement m'a remis ma carte d'embarquement. J'avais l'impression que je venais de gagner à la loterie, rien de moins. Escorté d'un agent de KLM, j'ai du courir jusqu'à la voiture privée qui m'attendait pour m'amener rapidement jusqu'au pied du Boeing 747. J'ai ensuite monté les marches à toute vitesse du seul escalier toujours en place et on a refermé la porte derrière moi. On m'avait attribué le dernier siège disponible à bord... en classe affaires ! J'ai eu à peine le temps de m'asseoir et de réaliser ce qui venait de se passer que le pilote mettait les gaz !

L'ironie du sort, c'est qu'une fois arrivé à Amsterdam, on m'a annoncé que mon vol de correspondance pour Jakarta était plein. Je suis resté coincé 24 heures à Amsterdam - j'ai trouvé refuge chez un ami Hollandais, heureusement - et je suis donc arrivé en Indonésie deux jours plus tard que prévu !

Au début des années 2000, les compagnies aériennes ont cependant commencé à nous donner des billets confirmés. Il y avait toujours des restrictions et un code vestimentaire à respecter mais au moins on n'avait plus à subir le stress du stand-by et on était certain de pouvoir partir. Les billets étaient habituellement confirmés en classe économie mais il m'est arrivé aussi d'être confirmé en classe affaires.


La chance inouïe que j'ai eue de voyager en classe affaires

Durant ces années, j'ai eu la chance d'être surclassé en classe affaires à quelques reprises avec KLM, Malaysia Airlines, British Airways, Swissair (aujourd'hui Swiss), Sabena (aujourd'hui Brussels Airlines) et Air France.

Itinéraire de vol en Classe Affaires

Voyager en business class (classe affaires), un privilège dont j'ai pu bénéficier à quelques reprises



La classe affaires, celle que l'on retrouve à bord des vols transcontinentaux, c'est en quelque sorte le summum du voyage en avion (si on exclut la first class ou les « suites » offertes par certaines compagnies).

Le tout commence avec un comptoir d'enregistrement prioritaire (parfois avec tapis et fleurs fraîches). Ensuite, nous sommes invités au salon de la compagnie (ou au lounge si vous préférez), un espace paisible et relaxant doté de fauteuils confortables et d'un bar libre-service où tout est gratuit. Des sandwichs et un verre de vin ? Bien sûr ! Et pourquoi pas de fins chocolats ? Parfois, il y a même des douches (où tout est fourni, comme à l'hôtel). Frais et dispos, il ne reste plus qu'à se diriger vers la porte d'embarquement au moment opportun. Bien entendu, nous sommes invités à monter à bord en premier... dans une file distincte évidemment !

Mais c'est surtout à bord de l'avion que le plaisir est décuplé ! Tout d'abord, la cabine de la classe affaires est spacieuse et calme. Ne vous est-il jamais arrivé lors de l'embarquement de traverser cette section située à l'avant de l'appareil et d'avoir soudainement le souffle coupé en avançant vers l'arrière où tout le monde semble coincé comme des sardines et où vous allez prendre place pour les prochaines heures ?

Ensuite, le siège de la classe affaires fait toute la différence ! Il est beaucoup plus large, plus confortable et offre énormément plus d'espace pour les jambes. Souvent logé dans une coquille individuelle qui favorise plus d'intimité, c'est un véritable fauteuil hi-tech doté d'un panneau de contrôle et capable de se transformer en un lit en position horizontale. Pouvoir m'allonger de tout mon long - je suis quand même grand - et trouver le « vrai » sommeil à 35 000 pieds d'altitude fut pour moi un pur bonheur (surtout lors des vols transpacifiques de plus de 12 heures) !


Siège de la Classe Affaires avec Air France

Siège en position lit à l'horizontale sur Air France

La classe affaires d'Air France (ici à bord de l'Airbus A380)
où j'ai pu profiter de mon lit à l'horizontale



Les repas servis en classe affaires sont également dignes de mention. On mange sur une nappe blanche, dans de la vraie porcelaine et avec de véritables couverts en inox. Par ailleurs, on peut presque parler de gastronomie alors que certains repas sont élaborés par de grands chefs étoilés. Ainsi, j'ai déjà mangé un filet mignon dont la cuisson était parfaite. Et que dire des petites brochettes de satay servies en entrée (et à volonté) sur les vols de Malaysia Airlines ! Absolument délicieux ! Toujours sur Malaysia Airlines, je me souviens que chaque plat était apporté séparément, un peu comme au restaurant. Le tout est accompagné d'excellents vins, servis dans de vraies coupes en verre évidemment ! À moins de préférer le champagne !

Parmi les quelques autres avantages de la classe affaires (mais avouez que c'est déjà pas mal !), mentionnons la trousse de bien-être personnelle (pouvant contenir cache-yeux, bouchons pour les oreilles, brosse à dents, dentifrice, lotion hydratante et eau de cologne), un écran individuel généralement plus grand ainsi qu'un service beaucoup plus personnel et attentionné - par exemple il m'est déjà arrivé qu'on s'adresse à moi par mon nom.

Malheureusement, à cette époque je ne bloguais pas encore et je n'étais pas porté à prendre des photos, si bien que j'ai très peu de souvenirs de ces moments glorieux.

Brochettes de satay servies sur Malaysia Airlines | Photo of Rob M | Flickr | http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/

Les fameuses brochettes de satay avec sauce aux arachides servies
en classe affaires sur Malaysia Airlines
(Photo : Rob M/Flickr/http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/)



Aujourd'hui, je suis un passager comme les autres

Les temps changent et le domaine du voyage ne fait pas exception. Les gratuités et les surclassements étant progressivement devenus de plus en plus rares, j'ai donc commencé à payer de ma poche pour mes billets d'avion il y a quelques années.

Tant pis ! J'en ai quand même bien profité. J'ai eu cette chance incroyable de voyager gratuitement aux quatre coins du monde pendant de longues années et de voler en classe affaires à quelques reprises. J'en suis très reconnaissant, de même que mon conjoint qui a aussi pu en profiter.

Par ailleurs, je voyage autant, sinon plus qu'avant. Mais je dois me contenter de la classe économie (budget oblige), sauf lorsque j'ai encore la possibilité de demander un surclassement à l'occasion. Que voulez-vous, j'aurai toujours cette passion de voyager !