10 juin 2013

Vite, un médecin : trois expériences heureuses en voyage


Quoi de plus désagréable et inquiétant en voyage que d'éprouver des problèmes de santé mineurs nécessitant une visite chez le médecin ? Toutefois, certains pays sont mieux que d'autres dans de telles circonstances. Voici trois situations que j'ai vécues en Asie et qui démontrent qu'il est parfois beaucoup plus simple, facile et rapide de se faire soigner à l'étranger.
Photo de digitalart / FreeDigitalPhotos.net

Un médecin polyvalent

Alors que nous étions à Chiang Mai, en Thaïlande, mon conjoint Serge remarqua un beau matin qu'il avait les mains pleines de petites cloches. Nous avons donc demandé à un chauffeur de tuk-tuk de nous conduire à la clinique. Arrivés sur place, nous sommes entrés à l'intérieur. Un petit homme qui balayait la rue devant l'entrée nous suivit et pris place à la réception. Après lui avoir expliqué brièvement la raison de notre visite, il nous pria de patienter un moment. Il n'y avait personne d'autre dans la petite salle d'attente. Deux minutes plus tard, le médecin nous invita à entrer dans son minuscule cabinet. À notre grand étonnement, le médecin était celui qui venait de nous accueillir (et celui-là même qui balayait à l'extérieur auparavant) !

« Travaillez-vous avec des produits chimiques ? demanda le médecin tout en examinant les mains de Serge.
— Oui, je travaille dans l'imprimerie, répondit Serge.
— C'est très simple, affirma le médecin sans hésitation. Vos pores sont brûlés, ce qui empêche la transpiration naturelle sous un climat tropical comme le nôtre et forme ainsi toutes ces petites cloches d'eau. »
Vraiment pas bête ! Effectivement, il faisait si chaud qu'on suait à des endroits qu'on n'aurait jamais pensé !
« Je vais vous prescrire une crème et des comprimés que vous prendrez à la pharmacie juste en sortant », termina le médecin.

Maintenant, devinez qui est apparu derrière le comptoir de la pharmacie ! Je vous jure que c'est vrai ! Nul autre que notre petit balayeur-réceptionniste-médecin-et-maintenant-pharmacien !

Notre chauffeur de tuk-tuk nous attendait à la sortie. En moins d'une heure, nous avions vu un médecin, obtenu des médicaments et nous étions de retour à notre hôtel.


Une bactérie provenant d'un éléphant

Quelques jours plus tard au cours du même voyage, Serge se réveilla en pleine nuit avec un mal de tête atroce. (C'est ce qu'on appelle être malchanceux !) Au matin, la douleur était presque insupportable et il avait peine à se déplacer. Inquiet, je proposa d'annuler le vol que nous devions prendre ce jour-là pour le sud de la Thaïlande, mais Serge insista pour poursuivre le voyage tel que prévu.

Une fois rendus à l'aéroport, nous avons eu la chance de tomber sur une petite pharmacie. Après lui avoir décrit les symptômes de Serge, la pharmacienne s'empressa de demander :
« Avez-vous fait un trek dernièrement et vous êtes-vous baignés dans une rivière ?
— Oui », lui répondis-je avec un regard interrogateur.
En fait, on ne s'était pas juste baigné dedans, on s'y était lavé aussi car nous passions la nuit dans un village en forêt sans eau ni électricité.
Puis elle ajouta avec un petit sourire :
« Votre ami a probablement attrapé une bactérie provenant d'excréments d'éléphants. Ça arrive souvent chez les trekkeurs lorsqu'il y a des éléphants qui se baignent en amont. »
C'est quand même assez surprenant de se faire dire ça, non ? Pour terminer, la pharmacienne lui a vite donné un puissant antibiotique à prendre sur-le-champ. Et déjà au bout d'une heure, Serge allait beaucoup mieux, juste à temps pour l'embarquement.


Mal de dents à Hanoi

Une autre fois, alors que nous étions à Hanoi, au Vietnam, Serge (oui, encore) s'est retrouvé avec un vilain mal de dents. N'allez surtout pas croire qu'il lui arrive toujours quelque chose de facheux en voyage, hein ! (Sourire) Aussitôt après s'être renseignés à la réception de notre hôtel, nous étions dans un taxi en route pour l'Hôpital Français de Hanoi où se trouve un département de dentisterie. Moins de trente minutes après son admission, Serge voyait un dentiste qui confirma une sévère irritation des gencives (probablement due à la brosse à dent de voyage de (très) mauvaise qualité que j'avais achetée (oups !) Mais la bonne nouvelle dans tout ça, c'est que moins d'une heure après son admission, Serge avait son rince-bouche médicamenteux et nous sortions de l'hôpital, étonnés mais ravis de voir à quel point tout s'était passé très vite.


*  *  *


Il y a certainement des facteurs socio-économiques ou autres pour expliquer que la situation soit si différente dans certains pays. Par ailleurs, je me suis souvent demandé si on ne nous avait pas octroyé certains privilèges parce que nous étions des touristes (en nous faisant passer en priorité devant les locaux par exemple), même si je n'ai pas eu cette impression dans ces moments-là. Une chose est certaine, ça nous force à nous questionner par rapport à notre système de santé. Au Québec, par exemple, les longues heures d'attente aux urgences sont courantes et les pharmaciens n'ont toujours pas le droit de fournir la majorité des médicaments sans la prescription d'un médecin.

Et vous, avez-vous déjà eu des expériences similaires avec la médecine à l'étranger ?




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